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Impôt sur le revenu : les 2 % les plus riches paient 41 % de la note

À rebours de certaines idées reçues, ce ne sont pas les classes moyennes ou les plus modestes qui assurent la plus grande part du financement de l’État via l’impôt sur le revenu… mais bien une infime minorité de foyers aisés.

Moins de la moitié des Français paient l’impôt sur le revenu

Sur les 41 millions de foyers fiscaux que compte la France, moins de la moitié (environ 45 %) se sont acquittés d’un impôt sur le revenu en 2023. Cela signifie que plus de 22 millions de foyers ne paient aucun impôt sur le revenu, en raison de revenus trop faibles ou de dispositifs de réduction fiscale.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Entre 2012 et 2016 déjà, 2,5 millions de foyers étaient sortis de l’impôt, renforçant la concentration de la charge fiscale sur une base plus réduite de contribuables.

Qui paie vraiment l’impôt en France ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Les 2 % les plus aisés, soit ceux qui déclarent plus de 100 000 € par an, ont payé 41 % de l’impôt sur le revenu en 2023.

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Plus largement, 10 % des foyers fiscaux les plus fortunés acquittent près de 70 % de la totalité de l’impôt.

Mais contrairement à une idée répandue, ces 10 % ne sont pas tous millionnaires. 80 % d’entre eux gagnent entre 50 000 et 100 000 € par an, ce qui les classe davantage dans les hautes classes moyennes que dans les ultra-riches.

Un effort fiscal en hausse

Alors même que de plus en plus de foyers deviennent non imposables, la recette globale de l’impôt sur le revenu continue de progresser. En 2023, elle s’est élevée à près de 78 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 10 % en dix ans.

Les plus aisés ont vu leur contribution croître de près de 20 % entre 2016 et 2023. Cette dynamique s’explique notamment par l’augmentation des hauts revenus et par un système fiscal qui reste fortement progressif.

L’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) en renfort

En parallèle, les ménages les plus fortunés paient également l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). En 2023, 176 000 foyers ont été concernés, pour un total de 1,9 milliard d’euros récoltés, en hausse de 6 % par rapport à l’année précédente.

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Une fiscalité plus juste qu’on ne le pense

Ces chiffres confirment que l’impôt sur le revenu est bel et bien concentré sur une minorité de contribuables, notamment les plus fortunés. Il est donc inexact de dire que ces derniers bénéficient d’un régime de faveur.

Au contraire, leurs contributions permettent à plus de 22 millions de foyers fiscaux de ne rien payer, tout en finançant les services publics, les prestations sociales et les investissements de l’État.

En résumé : Loin des clichés, la fiscalité française repose largement sur les épaules des 2 % les plus riches. Un effort souvent méconnu… mais indispensable au fonctionnement du pays.

Sources : impots.gouv.fr